Rencontre avec le Président du Sénat
- 12 janv.
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Le lundi 13 octobre, l’actuel président du Senat, Monsieur Gerard Larcher, a répondu à nos questions lors d’une interview tenue par le Président de l’Assemblée Générale et le Secrétaire Général. L’enjeu était donc d’échanger devant l’ensemble des participants du LazoMun du site Fourvière de la démocratie et de la diplomation à l’échelle internationale et en France. L’interview s’est déroulée selon trois grands axes concernant d’abord la démocratie et le débat puis la place de la France dans le monde et enfin le rôle et l’avenir des Nations Unies.
Dans un premier temps, Gérard Larcher est revenu sur la place essentielle du débat dans une démocratie vivante. Selon lui, le débat n’a jamais été aussi nécessaire, même – et surtout – à une époque où les opinions ont tendance à se radicaliser et où les citoyens s’écoutent de moins en moins. Il a rappelé que la démocratie ne se résume pas au vote, mais repose sur la confrontation des idées, le respect de l’autre et la recherche du compromis. À ses yeux, le Parlement - et le Sénat - demeure un lieu central du dialogue démocratique, garant du temps long et de l’écoute, à l’opposé de l’immédiateté des réseaux sociaux.
Interrogé ensuite sur le niveau de danger pesant aujourd’hui sur les démocraties, Gérard Larcher a dressé un constat préoccupant. En France comme en Europe, il a souligné la montée de la défiance envers les institutions, l’abstention croissante et la progression des discours extrémistes. À l’échelle mondiale, il a évoqué un recul démocratique marqué par la remise en cause de l’État de droit et l’instrumentalisation de l’information. Toutefois, il a tenu à nuancer ce tableau en rappelant que les démocraties disposent encore de solides contre-pouvoirs, à condition que les citoyens s’y engagent pleinement.
La question de l’exportation de la démocratie a également été abordée. Pour Gérard Larcher, la démocratie ne peut pas être imposée de l’extérieur par la force. Elle doit s’enraciner dans l’histoire, la culture et la volonté des peuples concernés. La France, selon lui, a davantage un rôle d’exemple et d’accompagnement à jouer, en défendant les droits fondamentaux et le dialogue diplomatique. Il a néanmoins affirmé que la France conserve des atouts importants pour s’affirmer sur la scène internationale, notamment grâce à son réseau diplomatique, son influence culturelle et son engagement dans les grandes instances internationales.
Concernant la place de la France en Europe, le président du Sénat a estimé que la France ne devait pas chercher à dominer, mais à impulser. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de défis communs, il a insisté sur la nécessité d’un leadership partagé avec les autres États membres, en particulier l’Allemagne, afin de renforcer l’autonomie stratégique et politique de l’Union européenne.
Enfin, Gérard Larcher s’est exprimé sur le rôle et l’avenir de l’Organisation des Nations unies. S’il reconnaît une perte d’efficacité liée aux blocages du Conseil de sécurité et aux rivalités entre grandes puissances, il considère néanmoins que l’ONU reste indispensable. Selon lui, aucune autre organisation ne permet aujourd’hui un dialogue universel entre États. Il a ainsi appelé à une réforme des institutions onusiennes afin de les adapter aux réalités du monde contemporain, sans renoncer à l’esprit de coopération internationale qui les fonde.
Cette intervention a permis aux participants du LazoMun de mieux comprendre les enjeux actuels de la démocratie et de la diplomatie, tout en soulignant l’importance de l’engagement citoyen dans un monde en pleine recomposition.

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